Ma pratique est profondément ancrée dans l’acte de cueillette et de revalorisation de ce qui existe déjà. Dans une perspective écologique, je conçois difficilement la création artistique autrement qu’à travers des gestes de réemploi, de transformation et d’attention portée aux matières délaissées.

Mes projets sont le plus souvent réalisés à partir d’éléments et de matériaux récupérés, qu’ils soient organiques ou industriels, et même immatériels (sons, lumière…). Par le tissage, le perlage, le crochet, le dessin, ou la seule juxtaposition, je transforme de simples objets et artefacts trouvés ici et là en joyaux hybrides qui attirent l’attention sur le banal.

Dans mes créations, il est surtout question de notre rapport à l’environnement et d’un éveil au monde, tel qu’il se présente à nous. Avec un brin de nostalgie, j’invite au ralentissement et à une contemplation réflexive.

Mes œuvres résultent d’une expérience de la lenteur exigée par la déambulation, la collecte de petits trésors, ainsi que l’intégration de techniques textiles artisanales. Ce sont des créations minutieuses et délicates, souvent empreintes de poésie et d’étrangeté, qui naissent de longues périodes d’observation et de production.

Outre le réemploi et la réduction des déchets, j’aborde chaque projet avec une réflexion sur l’impact global de mes œuvres, de leur création à leur cycle de vie. Ainsi, les projets que je conçois sont souvent évolutifs et répondent à des principes de durabilité, en intégrant des alternatives écologiques et en bannissant les matériaux polluants.

J’espère ainsi questionner la qualité de notre regard sur ce qui nous entoure et notre rapport intime à la nature anthropisée dans laquelle nous évoluons. En ce sens, j’invite les publics à porter une attention plus sensible, nuancée, et moins polarisée sur le monde.